Mieux cerner les Îles-Organisations ! 

On peut faire l’hypothèse que, dans l’ordre politique, les cultures héritées d’histoires très différentes, ce qu’Edouard Glissant appelle les identités racines, jouent d’autant plus un rôle important que les croyances sont l’antidote le plus efficace au cynisme qui gangrène rapidement la société politique. Si l’on ne prend pas le temps d’écouter ces identités racines, si l’on postule qu’elles sont facilement dissoutes sous prétexte qu’il y a un projet commun, il est probable qu’elles vont réapparaître mais cette fois sous forme de force d’inertie faute de pouvoir se dire explicitement. Si on prend l’exemple d’une identité racine aussi forte que celle du communisme et que on la met en lien avec la découverte récente d’un bien commun écologique, il faut prendre le temps de comprendre comment et pourquoi s’est mis en place ce rapport qui était totalement absent а l’origine. Et il faut comprendre aussi que les soupçons, les procès d’intention, les malentendus а l’égard de l’identité racine de l’autre (par exemple celles des écologistes) ne vont pas disparaître facilement. C’est la même chose entre tradition libertaire et étatique, première et deuxième gauche, tradition jacobine et girondine…C’est aussi la raison pour laquelle il y a des cultures écologiques différentes…

Croire qu’il suffit d’un appel а la rationalité des uns et des autres au nom de l’urgence s’avère idéaliste. Il me semble que toute approche “archipélique” doit commencer par cette écoute mutuelle. Ce ne sera jamais du temps perdu. L ‘Archipel de l’écologie et des solidarités peut être un bon terrain d’expérimentation à cet égard.

Patrick Viveret

Questionnaire

Afin qu’à la suite de la phase de création de notre Archipel, nous puissions préciser ensemble ses principales ambitions, ses objectifs, mais aussi ses limites.
Merci de bien vouloir répondre très brièvement aux questions suivantes :